COLLECTIF RN126

COLLECTIF RN126
Interventions des élus lors de l'inauguration de la déviation de Puylaurens

    Juillet 2008

Ce qu’ils ont dit lors de l’inauguration de la déviation de Puylaurens
le 7 juillet 2008



Mme Laperrouze, maire de Puylaurens :

« Je voudrais que l’on n’oublie pas les puylaurentais. Certains parlaient de la déviation de Puylaurens en disant que dans le cadre de l’aménagement de la 2x2 voies de la 126, c’était un verrou psychologique qu’il fallait faire sauter. Cette expression ne m’a jamais plu … On n’est pas habitué de rentrer par un échangeur à Puylaurens, on est encore dans la campagne, alors on aimerait avoir un panneau venant de Castres et un panneau venant de Toulouse (sur l’ancien axe Toulouse - Castres traversant le village) … Nous voulons que notre village vive »

La réflexion de Mme Laperrouze est intéressante et justifiée. Lors de la réalisation de la déviation de Puylaurens, son aménagement a été réalisé de façon disproportionnée au regard de la circulation et adaptée aux normes autoroutières. De là à penser que l’intérêt général des villages sur le parcours de l’axe Castres – Toulouse pèse peu dans la balance par rapport à l’intérêt général du bassin Castres - Mazamet, il n’y a qu’un pas !

Le cri du cœur de Mme Laperrouze pour que son village vive, vaut tout autant pour la région agricole de la vallée du Girou.


M. Carcénac, président du Conseil général du Tarn :

M. Carcenac précise que la RN126 passera dans le ‘giron’ du département et ajoute :

« Pour en venir à la suite… Nous sommes dans une période un peu compliquée dans laquelle nous attendons de voir comment va se poursuivre le projet qui peut éventuellement prendre différentes formes … Nous souhaitons bien évidemment une 2x2 voies. J’espère que, si on va jusqu’au bout dans la concession autoroutière, nous verrons dans quelles conditions tout cet équilibre financier pourra se faire mais également, si par malheur, nous ne pouvions pas aller sur une concession autoroutière, il y aurait toujours l’aspect de 2x2 voies, et de poursuivre en 2x2 voies. Nous sommes effectivement attachés à ce projet, que cet itinéraire se réalise. Les infrastructures ne sont qu’un élément de ce développement économique ».

Comme le rappelle M. Carcénac, les infrastructures ne sont qu’un élément du développement économique. Pour le développement durable d’une région, on doit tenir compte de toutes les solutions et pas seulement d’une autoroute ou d’une 2X2 voies, tout aussi dommageable. Or, dans cette présentation, hormis des solutions polluantes et inadaptées aux besoins et à la réalité d’aujourd’hui (réchauffement climatique, hausse des carburants, crise alimentaire, disparition de la biodiversité, etc ...) aucune autre solution n’est envisagée.

Parlant des conditions de financement impliquant le Conseil général, M. Carcénac devrait pourtant s’inquiéter du bon usage de l’argent public et y regarder à deux fois avant d’opter si rapidement sur l’une ou l’autre des solutions qu’il avance.

M. Malvy, Président du Conseil Régional :

« (Cette déviation) c’était un des projets de contrat de plan (Etat - région) 2000-2006, c’était déjà l’un des projets du contrat de plan 94-99 … On a encore des travaux à réaliser au titre du contrat de plan, j’espère qu’ils le seront (Castres - Soual en milieu urbain) … En moins de 10 ans, ce sont 250 M€ qui ont été investis sur les routes du Tarn sans qu’on arrive au résultat attendu. La nouvelle donne : le gouvernement a transféré aux Conseils généraux 19 000 km de routes nationales, l’Etat ne conservant que 11 800 km de routes nationales pour toute la France, qu’il a transféré aux régions la responsabilité des trains régionaux … Les réseaux ferrés sont dans un état de vétusté épouvantable … le Conseil régional va financer à concurrence de 500 M€ la modernisation de notre réseau ferré. Nous sommes l’une des régions qui demeurent sur le plan routier le plus mal desservi. Là où il y a des autoroutes c’est fait : Cahors, Montauban, Foix, Pamiers, Albi, Tarbes, sont desservies par l’autoroute. Partout où le choix de la route a été fait. Partout où les circulations n’étaient pas suffisantes, que ce soit sur Rodez, sur Auch ou que ce soit sur Castres, on continue et on perdure dans la difficulté … Je souhaite que l’Etat, quand il attribuera ces nouvelles dotations, tienne compte de cette particularité de Midi-Pyrénées … Le rail est aujourd’hui à côté de la route l’une des réponses. Il n’y a pas une solution unique aux problèmes de circulation et d’échanges, par ailleurs en terme d’environnement, en terme de sécurité et en terme d’économie, au moment où les carburants atteignent les prix qu’ils atteignent, qu’ils vont atteindre, car ce serait une erreur considérable d’imaginer que le prix du pétrole va rebaisser dans quelques mois ou dans quelques années … Ca repose grandement les problèmes de transport et l’intermodalité … L’hypothèse d’une concession sur Castres - Toulouse, nous y réfléchirons … C’est différent de régler un problème pour une somme qui est raisonnable que de prendre la recherche et la solution d’un problème avec des dépenses que nous ne pouvons plus maintenant assumer parce que nous sommes sur d’autres chantiers (rail) »

D’après M. Malvy, le retard pris en matière d’aménagement routier en Midi-Pyrénées ne pourra être réalisé que par l’Etat, le Conseil régional assumant déjà les lourds chantiers nécessaires à la modernisation du rail. Nous rejoignons l’analyse de M. Malvy quand il dit qu’il n’y a pas une solution unique aux problèmes de circulation et d’échanges et que la hausse des carburants repose grandement les problèmes de transport et l’intermodalité.

Le collectif RN126 a toujours défendu ce point et propose que l’on réfléchisse aussi à d’autres solutions alternatives mieux adaptées aux besoins et plus équitables.

M. Bur, Préfet de Région :

« Ici, sur ce territoire, on touche du doigt, d’une certaine façon, les enjeux qui ont été initiés dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Je veux parler de l’équilibre des territoires entre la préservation des ressources naturelles, des paysages, des patrimoines … et la promotion nécessaire évidemment de la dynamique économique au service des populations. C’est ce défi de l’équilibre au service du développement durable que nous avons à réaliser … Les modes de déplacement doivent évidemment s’adapter à cette ambition d’équilibre nouvelle ... et chaque mode de transport doit apporter sa valeur ajoutée et être optimisé pour proposer une offre adaptée aux besoins des citoyens et des entreprises … Concernant l’aménagement routier Toulouse – Castres … l’Etat s’est engagé sur cet itinéraire à mener des études et des travaux importants dès 1994 … entre temps, l’A68, la bretelle A680 en direction de Verfeil, ont ouvert de nouvelles perspectives qui ont été largement discutées en 2007 et début 2008 dans différentes enceintes et notamment à l’occasion du Grand Contournement Autoroutier de Toulouse (GCAT) et lors de la concertation sur la Liaison Autoroutière Castres - Toulouse (LACT) qui l’a accompagné … Le dossier de liaison autoroutière Castres – Toulouse a été adressé au Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire en vue de la saisine officielle de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Cette saisine pourrait, devrait intervenir d’ici à la fin du mois de juillet »

Si sur la première partie de son intervention, M. le préfet nous fait une présentation avantageuse du développement durable souhaité pour la région et nous dit que les modes de déplacement doivent évidemment s’adapter à cette ambition d’équilibre nouvelle, il bascule très vite dans des solutions passéistes parlant de nouvelles perspectives (ou nouvelles opportunités ?!). Il s’égare encore en disant que cela a été débattu lors du GCAT et la pseudo concertation sur la LACT, organisée par la Direction Régionale de l’Equipement. Nous vous renvoyons à notre dossier concernant la démarche anormale de ce projet.

La saisine de la CNDP est le passage obligé pour un nouveau projet de l’envergure de la LACT, au moins un point de convergence entre le préfet et le collectif RN126.

M. Guth, responsable de la mise en œuvre de la déviation (sur La3 régions) :

« Si effectivement le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse aboutit à son terme, on aura effectivement l’intégration de ce projet dans l’autoroute à péage, ça deviendra un statut autoroutier et ce sera pris en compte dans l’autoroute à péage ».

A bon entendeur salut ! Les puylaurentais retrouveront les nuisances d’un trafic qui évitera le péage de la déviation. Les locaux auront payé pour rien cet ouvrage censé améliorer leurs conditions de vie et leurs déplacements.

Bonjour l’équité !